Mais pourquoi ?

Il y a environ 3 ans de ça, j’avais déjà commencé quelque chose avec Cyprine, sur la lancée d’une acceptation de soi. Je l’ai trouvé assez maladroit par la suite et moi qui voulais inclure le plus de personnes possibles, je me suis rendue compte que j’en excluais certaines. Pas cool. En affirmant des choses comme « ici nous allons parler de la féminité, celle que nous partageons toutes » et en ne restant que sur des critères physiques telles que les règles ou le sexe féminin, ben je passais complètement à côté de toutes les personnes transgenres, par exemple. Et ça c’est vraiment pas top. Du tout.

Donc voilà, je repars sur une nouvelle base : Le body positivisme.
Le fait de dire que l’on peut s’aimer tel que l’on est et arrêter de se culpabiliser sur des normes qui ne sont même pas la réalité puisque TOUTES, je dis bien TOUTES les images qui nous entourent sont retouchées (ok, on enlève certaines, qui se revendiquent sans retouches, ni maquillage, comme celles du nouvel album d’Alicia Keys mais sont LOIN d’être la norme). Et également puisque l’on nous montre que deux cases bien rigides dont on ne peut pas dépasser : la case « fille » et la case « garçon » avec chacune ses codes bien définis. En réalité il existe autant de case que d’individu, s’accepter, être indulgent avec soi-même, montrer autre chose aux autres que ça soit par son physique ou par sa manière de penser c’est tordre le coup à cette prétendue norme.

Ce qu’il me faut pour ce projet c’est plein de témoignages, de tout type de personnes, hommes, femmes, de toutes les couleurs de peau de l’arc-en-ciel, de tout type de corpulences, de tout âges, de toute religion, ou appartenance ethnique, présentant un handicap physique ou une maladie,  cisgenre, transgenre, agender, travesti et j’en oubli certainement plein plein. Et c’est justement pour ça que je veux faire ce projet. Parce que je ne veux plus faire la même erreur (je sais que j’en ferais quand même d’autres haha !). Parce que je veux inclure. J’ai conscience d’être du « bon côté de la barrière », c’est à dire que je suis une femme blanche cisgenre occidentale. Même si j’ai moins de droit et de « pouvoir » que mon homologue masculin, je ne suis pas naïve sur ma condition qui reste privilégiée sur notre belle planète. Alors n’hésitez à venir me reprendre si je dis de la merde, de manière courtoise tout de même haha. Je serais ravie de discuter de tout ça, avec le plus de personnes possible.

Le projet se traduira par un format éditorial papier mélangeant probablement illustrations, textes, photos, intervention graphique. Pour l’instant il est en état de mijotage dans ma ptite tête. Il devra cependant prendre forme très rapidement puisque c’est un projet sur l’année scolaire.En Décembre je devrais déjà avoir une idée de comment il se présentera et en Février je dois rendre une première maquette.

L’idée est quand même de donner aux gens la possibilité de se réapproprier leur image, c’est-à-dire que c’est eux qui choisissent quelle partie de leur corps ils ont envie de partager (plusieurs photos me permettent un choix pour rendre l’ensemble plus cohérent), selon leur angle de vue ou un de leur proche, accompagnée dans le meilleur des cas d’un texte explicatif de leur choix, ou alors une vidéo, ou on peut tout simplement discuter et voir ce qui en ressort. J’aimerais que ce qui soit montré soit le résultat d’une réflexion, d’une lutte interne, d’un choix de réappropriation de son corps (par exemple, le fait d’avoir surmonter un complexe).

 

À titre d’exemple, et pour donner le ton des illustrations, j’ai pensé commencer par un autoportrait … Poilu.

L’arbre-rose

L’année est bonne la terre enfle
Le ciel déborde dans les champs
Sur l’herbe courbe comme un ventre
La rosée brûle de fleurir
Paul Éluard

C’est toujours dur pour moi d’assumer ces deux ptites touffes en public. Ça fait plus de deux ans maintenant. J’ai encore du mal à lever les bras en débardeur sans penser qu’éventuellement quelqu’un va trouver ça dégueu.
Ils ne me dérangent pas, je les aime même, mes ptits poils. Mon copain s’en fout royalement. Et moi je flippe du regard des autres. C’est grave non ? Ça veut dire que si je m’épilais, aujourd’hui ça serait pour « les autres ».  J’aimerais juste en avoir rien à foutre. Mais pour ça, c’est du travail. C’est déconstruire ce que je vois tous les jours. Des filles qui s’épilent automatiquement. C’est arrêter de se comparer. Parce que je ne suis pas et ne serai jamais elles. Et je ne le veux en aucun cas d’ailleurs. C’est mon combat de tous les jours, contre moi-même et personne d’autre. Parce qu’au fond, ce ne sont pas « les autres » le problème. Le problème c’est que JE donne trop d’importance à ce regard inquisiteur. Mais plus pour longtemps, foi de castor.

Est ce qu’il y aura des gens pour m’accompagner ?
J’en suis quasiment sure.

Objectif : LoveYourself